UK 2025 – Retour sur le continent – J49 à J67 (FIN)

Pour les détails au jour le jour, Komoot est pratique aussi.

Jour 49Oye-Plage
Jour 50Middelkerke
Jour 51Wervick
Jour 52Bernissart
Jour 53Charleroi
Jour 54Givet
Jour 55Pause
Jour 56Saint-Hubert
Jour 57Héiltzenerstee
Jour 58Luxembourg ville
Jour 59Pause
Jour 60Saarlouis
Jour 61Hinsbourg
Jour 62Strasbourg
Jour 63Pause
Jour 64Neuenburg am Rhein
Jour 65Frick
Jour 66Grossdietwil
Jour 67Bern

UK 2025 – J49 – Oye-Plage (après avoir traversé la Manche)

Réveillés tôt, le premier périple vers notre ferry est impressionnant. Le gigantisme des installations, la multitude de « lanes », toute cette infrastructure pour faire passer des camions et des voitures en masse, quelques motos et vélos aussi. Bon, on y est, le ferry « Spirit of France » est énorme, nous parquons notre vélo (pour le trajet c’est ainsi qu’il se nomme puisque la catégorie tandem n’est pas référencée) et montons à l’étage 8.  

Le spectacle des passagers nous nourrit mieux que les chips que j’ai achetées par erreur. TOUJOURS LIRE CE QUI EST ÉCRIT SUR LES EMBALLAGES. Je pourrais l’ajouter sur la liste des choses pas vraiment géniales de l’UK. « Pork puffs » c’est pas vraiment bon. On n’aime pas tellement dirons-nous.

On passe à l’heure française et, hop, la 5G trois bâtons à dispo. Ça va nous changer de la 4G souffreteuse de l’UK. 

On sort de la baleine en dernier, gazés par tous les bus, voitures et camions qui sortent avant nous. On aurait pu attendre dans les étages, pfffff dit Charlotte.

La sortie du périmètre des ferries est dingue, on est guidés par une voiture avec gyrophares dans un dédale et des portes sécurisées. Ca prend un bon moment, ouf on a pu sortir. 

On pactise avec deux cyclos qui vont jusqu’aux Pays-Bas (je crois qu’ils aiment le plat). Ils font le petit bout jusqu’à notre retraite du soir, derrière une réserve naturelle près de la mer. Qu’on va goûter sous peu d’ailleurs, parce que dans les 1000km qui viennent, plus de mer au programme.

Les prix des campings sont… français et c’est moins de la moitié de ce que nous coûtaient les Pitchup. Avec du papier dans les toilettes. Oui, le UK est devenu cher. 

UK 2025 – France vers Belgique – Jour 50 – Oye-Plage à Middelkerke

Les pigeons anglais ont migré avec nous sur le continent, ça a commencé tôt ce matin. 

Bon, rouler à droite, regarder D’ABORD à gauche [plusieurs erreurs corrigées par chance à la dernière grâce à ma stoker préférée]. Suivre les signaux de l’EV4, tous les kilomètres ou presque de grands tatouages blancs sur la route, facile ! 

Cligner des yeux parce qu’on a le soleil en pleine face, savourer le vent arrière, garder le rythme sur cette route plate. 

Beaucoup de béton datant de la 2ème guerre, bunkers surélevés, barrières antichars, etc. 

Formule petit déjeuner dans une boulangerie française puis, hop, direction Dunkerque. Comme on n’a pas suivi l’EV4 strictement, notre piste longe une grande route, pas trop fréquentée, puis un camping qui s’étire et s’étire, dans la forêt en contrebas. C’est du camping non officiel qui dure, pour des gens en transit pour combien de temps, difficile à dire (et depuis quand aussi). Ils déambulent le long de la route, certains semblent aller au supermarché, d’autres vont vers des roulottes distribuant aide et nourriture probablement.

Passage de frontière vers la Belgique flamande, magnifiques pistes cyclables et réseau Edge à deux bâtons. On espère que c’est une exception. 

Partie hyper hyper touristique encore le long du littoral, quelques anciens bâtiments (bien peu) nous disent que la démolition pour plus haut, plus rationnel, a été la règle probablement. On hésite pour la suite. Le sauvage est compliqué et aller vers le sud nous éloigne des campings. On trouve notre place dans un complexe de caravanes où, youpeee, il y a une place et un espace dédié pour les backpackers comme nous. Est-ce qu’on teste une friterie ce soir, dat is de vraag !

UK 2025 – Belgique flamande – Jour 51 – Middelkerke à Wervick

Départ pour du plat. Crainte de s’embêter mais, non, pas du tout. Le parcours Front  14-18 (on croyait au début que c’était en lien avec la mer) nous a promené sur de belles routes cyclistes. Entre les champs de lin fraîchement coupé et les patates ou les prés avec des bovins aux cuisses phénoménales (race spéciale = blanc-bleu belge sélectionnée pour leur look culard- avec boostage aux hormones ou non), nous apprécions la variété des parcours. Beaucoup de monuments en hommage aux temps de la guerre 14-18, dont une tour pour un vibrant « Plus jamais la guerre ». On met un haut-parleur et le son à fond pour ces paroles. Il s’agit aussi de détruire tous les brouilleurs de sons et les artifices qui travestissent la réalité d’il y a juste 110 ans.

Et l’arrivée à Ypres nous impressionne. La place centrale montre encore bien la puissance d’alors, mais attention, le tout a été reconstruit à l’identique (ou presque) après la destruction de la ville pendant la guerre de 14-18. Ses bâtisses grandioses témoignent de cette richesse toute néo-flamande aujourd’hui, mêlant habilement gothique, renaissance et baroque. 

La suite nous aurait mené sur un camping. De fait, ils se font rares sur notre descente plein sud, sud-est. Et celui que nous avons visé n’est finalement pas prévu pour les tentes. Nous poussons un peu plus loin, le plein d’eau et de victuailles nous permet d’envisager le futur avec sérénité. Les abords de La Lys nous accueillent, encore quelques promeneurs et grands chalands, la soirée sera sympa et différente. Pluies annoncées cette nuit et demain matin tôt, et dans les jours qui viennent. On verra comment on managera ça.

Ah, c’est en mode Edge, trois bâtons. Gasp.

La nuit fut différente, pas de pluie et, ce matin, 5G. ?


UK 2025 – Belgique flamande à France à Belgique wallonne – Jour 52 – Wervick à Bernissart

Route cyclo en-dehors du trafic, relativement sympa même si un peu (voire très parfois) monotone, voie verte et canaux aujourd’hui. Avec un raccourci organisé par Komoot qui nous fait croiser un magasin de vélos avec un jeune passionné qui nous fait une révision en règle de notre tandem: plaquettes des freins (avant et arrière), huilage des zones sensibles, ouah, notre Titâne roule tout seul maintenant (ou presque). Encore quelques craquements dans le pédalier arrière (ça couine quand on teste/tend la courroie arrière), faudra probablement faire un service plus conséquent. Un peu de jeu dans la direction et des craquements, à voir aussi à l’occase. Arrivée à Tournai, un passant nous propose un bistrot sympa, Chez Angèle qui s’avère être Chez Agnès. On trouve bien quand même.

Wikipédia nous apprend par quoi est passé Tournai, la succession des appartenances depuis la période romaine donne le tournis, c’est clair. Et même pour une ville de cette importance, bien peu de monde dans la ville, tous les belges sont en vacances en France (à ce qu’on nous a dit).

La succession des usines désaffectées ou des fours à chaux (spectaculaires, rien à voir avec ceux du Val Verzasca au Tessin) nous distrait un peu tout en nous racontant des histoires sur cette partie du pays.

Les chemins de halage sont bétonnés, quand l’ouvrage est neuf, c’est parfait, quand c’est plus vieux, les plaques se cassent ou se penchent tantôt d’un côté tantôt de l’autre, ça secoue pas mal où je pense. 

On arrive enfin au camping et on a rien compris, « non non ça ne coûte rien, vous ne prenez pas d’électricité ». Alors voilà, un camping bien accueillant pour les cyclos (c’était noté sur le site).

UK 2025 – Belgique wallonne- Jour 53 – Bernissart à Charleroi

Grand canal et petits détours parce que certains tronçons du chemin de halage sont en réfection, puis Canal historique du Centre. On en sait un peu plus sur les ascenseurs à bateaux, anciens au nombre de 4 (pour de petits tonnages) puis 1 pour le nouveau canal (et le tonnage a augmenté du coup). Pour les anciens, le principe c’est un peu comme le funiculaire à Fribourg, le poids de l’un tire l’autre, mais c’est à vérifier. Nous nous arrêtons pour la pause pluie à la cantine des italiens, nombreux à l’époque à venir travailler dans les mines et les nombreuses usines, hauts fourneaux, etc. Ça a commencé à sérieusement pleuvoir (en mode imprévu) alors que nous visitions le petit musée en l’honneur de ces travailleurs immigrés. Repas simple et conciliabule, on fait quoi maintenant? Va falloir ajuster notre étape, mais les suivantes? On a fait, hier soir, un FaceTime avec les petits-enfants, faudrait pas rater le rendez-vous mi-août! 

La suite du trajet s’avère rude par sa monotonie et ses détours pas toujours bien référencés. Komoot en perdait son latin et nous aussi. Arrivée dans la ville de Charleroi, énormes usine et autres traces d’une histoire somme toute récente. C’est très spectaculaire pour nous. Mais on n’a pas vraiment le courage de faire les itinéraires balisés sur les terrils, sûr non. 

On décide, pour ce soir, de faire une variante « poules mouillées » pour reprendre l’expression de nos amis cyclos du Nord. Ce sera hôtel et recharge des batteries du coup. La pluie est conséquente, ça nous va bien l’abri en intérieur. 

UK 2025 – Belgique wallonne vers France – Jour 54 – Charleroi à Givet

Départ en mode « c’est quand qu’il va pleuvoir » le long du canal. Et effectivement on a eu droit à deux belles rincées. Jusqu’à mettre nos guêtres, c’est dire. Heureusement sans que ça dure trop longtemps. La sortie de Charleroi s’avère plus sympa que l’arrivée, même si, là encore, les usines désaffectées sont nombreuses le long de notre route cycliste (comme hier parfois interrompue et nécessitant des variantes sur les quartiers avoisinants). Donc du plat encore puis grand changement puisque nous quittons la route vers Namur pour prendre la direction des Ardennes (belges d’abord). Voie verte au programme. L’envie d’une friterie nous fait sortir de ce confort sur 2-3 kilomètres. Verdict : vivent les voies vertes et voies cyclos. La route prend ensuite ses aises pour monter. On se dirait en Suisse (préalpes). Et là, puissante descente, oui, en Belgique pas si plate du coup. Ah, on voit aussi que les superbes villages, aux maisons toutes belles ripolinées, se peuplent de vacanciers, peut-être venus du Nord. Sympa.

Crochet pour notre camping en France.

Demain sera pause stratégique (il faut toujours avoir un prétexte haha). 1. ne pas rouler sous la pluie 2. s’offrir une pause pédalage d’un jour complet

Demain pause du suivi aussi. À dimanche.

UK 2025 – France vers Belgique wallonne et ardennaise – Jour 56 – Givet à Saint-Hubert

Après une 2ème nuit pas toujours calme (des cours de savoir vivre en camping devraient être donnés obligatoirement dans les écoles avec cours de remise à niveau tous les 5 ans), nous parcourons avec bonheur les pentes ardennaises. Chouettes paysages, jolis petits villages, même si ça monte un peu parfois, quel régal.

Pic-nic au bord d’une petite rivière, la berge d’en face est envahie par les impatientes glanduleuses (leurs graines vont bientôt gicler à plus de 10m ou aller à l’eau et coloniser d’autres berges). 

Montées ensuite (et descentes qui vont avec) en passant par de charmants villages., dont Redu avec une fête du Livre en fin de course (mais avec un nombre incalculable de bistrots au centre ville, ce qui n’a rien à voir avec la fête du Livre, je sais). 

Ensuite direction Saint-Hubert par de petites routes. Alors que je disais à ma stoker préférée que, vraiment, oui, bonne idée de faire ces petites routes pour éviter le trafic, nous nous trompons (euh, je me trompe) et on prend la voie route passante. Heureusement, le festival de motos qui a lieu à Saint-Hubert avait drainé toute la circulation. C’était relativement tranquille du coup. 

Et nous voici au camping, sur les hauteurs, comme il se doit. La tranquillité est relative juste là, vu le festival de motos. On verra quand ils arrêteront de tourner comme des hélices avec un commentateur qui explique les détails. 

En attendant, de la chasse ce soir ? 

Jolie étape, les Ardennes, on aime !

UK 2025 – Belgique wallonne vers Le Luxembourg – Jour 57 – Saint-Hubert à Héiltzenerstee

Première fois depuis le 9 juin, il pleuvine au réveil. Le pliage de la tente sera donc retardé. Il s’agit surtout de l’éponger le plus possible, pas nécessaire de traîner des kilos d’eau de pluie en plus. Le début du trajet nous permet de faire une descente faramineuse et qu’est-ce que c’est jouissif. Bon, il y aura de la montée. Il y a aussi des bœufs (les fameux bleus blancs belges culards) et des vaches qui remplacent presque complètement les moutons. 

Trois belges nous disent pourquoi il y a de si belles maisons par ici, neuves ou fermes superbement rénovées: ce sont les privilégiés du Grand Duché luxembourgeois qui achètent et rénovent à tour de bras. 

Picnic obligatoire, nous ne sommes pas aux bons endroits pour les cafés ou restaurants.

On pratique le RAVeL ou réseau autonome des voies lentes (une exclusivité wallonne), sur un tronçon superbe d’ancienne voie ferrée vicinale. Et si on s’écarte un peu, hop, un café pour une détente bienvenue. 

Rien compris comment, on a passé la frontière. Le Luxembourg se remarque par une immense halle à vins, bières et autres spiritueux et toutes les voitures (ou presque) sont belges. Doit y avoir des rabais dans le Grand Duché.

Splendide route campagnarde et nous voici dans le camping de rêve, tenu par la municipalité et un groupe de tourisme, on voit qu’il y a les moyens. Sanitaires de luxe, sauna (bon, pas trop envie, en été), dans quelques semaines four à pizza et grill et plancha, tout ce matériel à dispo pour les clients. Luxus du Luxembourg. 

UK 2025 – Le Luxembourg – Jour 58 – Héiltzenerstee vers Luxembourg-capitale 

2ème début de matinée sous tente avec la pluie. Fin annoncée à 10h mais à 9h les clapotis ont cessé et on commence à plier. Manger les deux biscuits chacun et une plaque de chocolat belge (excellent), discuter avec le couple cyclo basque espagnol en vacances trois semaines et hop, une montée pour sortir de la vallée. 

Komoot avait donné une indication qui semblait au top, je me trompe et prends une alternative qui nous fait comprendre quelles sont les joie des VTTistes. Pas vraiment ça avec notre cargo. Finalement on sort de ça et nous longeons de bien jolis champs, pâturages avec des races moins « bidouillées » qu’en Belgique, des forêts somptueuses et, surtout, des maisons superbes et souvent très récentes, beaucoup de vert autour, avec arbustes et fleurs. Splendide. Le picnic se fait en mode « on finit ce qui nous reste » = pas grand chose. Fin de la journée tandem sur les pistes cyclables en ville (ah, on est déjà en ville?). On se réjouit de l’étape en capitale du Grand Duché. Demain sera en jour OFF pour profiter de cette ville. 

UK 2025 – Le Luxembourg vers l’Allemagne – Jour 60 (jour 59 off) – Luxembourg-ville à Saarlouis

Le jour off à Luxembourg? Superbe, visite très agréable de cette ville qui vaut le détour. Ai mis quelques photos emblématiques. Hmm, histoire bien chargée aussi. Et comme pour bien d’autres, le traité de Vienne a fait beaucoup.

On remonte (du 3ème sous-sol) avec l’ascenseur à voiture notre tandem et hop, c’est parti. Premier arrêt pour un café et un cake dans une boutique de fleuriste, tenue par une australienne. Surréaliste et pratique à 7:50 du matin. 

Difficulté pour comprendre le trajet de sortie de Luxembourg, il fallait « juste » penser que la vélo-route incluait un ascenseur. 

Ensuite, longer l’Alzette, quel bonheur. Un peu la vallée du Gottéron (à Fribourg) en plus long et moins pentu. 

Quand nous avons quitté l’Alzette c’était pour faire quelques pentes qui, à la descente, nous ont amenées vers la Moselle et Schengen. Tu es au Luxembourg et le panneau de circulation indique 2km pour la France et 1km pour l’Allemagne, pas de doute c’est un noeud européen (content d’en faire partie en tant que Suisse). 

Arrivée en Allemagne avec la montée des vignes, puis, dans les hauteurs colonisées, des haies et des forêts, des éoliennes en masse et champs de toutes sortes. À remarquer (on ne s’est pas arrêté à chaque pierre) les menhirs de l’Europe

 —> les menhirs de l’Europe 

Puis le plat le long de la Saar, sympa avec une buvette provisoire devant un labyrinthe dans le maïs (Charlotte voulait pas faire, alors je me suis contenté d’une boisson fermentée et elle un Schorle, enfin).

Et le plat, ben oui, c’est plat et lassant (on vous avait déjà partagé cette expérience). Les 20km du jour nous préparent, du coup, pour la journée de demain. Ouais, on va rouler régime haut, comme ça ce sera plus court. 

UK 2025 – Allemagne vers France, Alsace – Jour 61 – Saarlouis à Hinsbourg 

Hier en fin de journée, ajustement du parcours d’aujourd’hui histoire de ne pas faire que du plat. On verra ce que ça donne. Ce matin, pneu arrière plat. Ach, Sch…, pas d’bol Jean-Paul. OK, démontage en 6-4-2 et hop, la coupable est débusquée, une bien belle épine d’un arbuste qui sait se défendre. Notre pneu n’a rien pu y faire. On cherche encore le nom de l’arbuste coupable. Grâce au kit de blètzes pour chambres à air (merci Chris et Nicky), le trou est colmaté, le tout est regonflé.

C’est parti pour la voie cyclo le long de la Saar. Les friches industrielles sont incroyables et même référencées à l’UNESCO (hauts fourneaux de Völklingen). Avons aussi croisé le Saar PolygonMonument en acier sur le terril Duhamel à Ensdorf.

Le parcours est en demi-teinte pour moi: à gauche la Saar et de belles forêts qui la jouxtent, notre voie cyclo et, à droite, une grand route très passante qui jouxte souvent (trop souvent) notre trajet jusqu’à Saarbrücken. C’est ainsi. Amélioration du côté français avec du vert et du vert et encore du vert. Et des renouées du Japon. Sarreguemines pour faire le plein, tout va bien, le pneu tient le coup, il fait beau (mais vite chaud à l’arrêt). Ambiance sympa, on adore l’accent alsacien qui est plutôt lorrain, de fait. Avec un patois local réprimé, le Platt lorrain (germanique même si appelé francique).

Mais quel bien ça fait de quitter le plat-plat! On retrouve la diversité des champs, des villages qu’on traverse. Bon, les montées-descentes sont le plus souvent sur des routes peu passantes mais des routes quand même. Moins de haies aussi le long de ce parcours, le soleil cogne, à découvert. 

On fait un arrêt désaltération – recommandé en ces temps de canicule -, personne sur la terrasse, les clients se font une place près du bar, au frais. Le dernier bout commence à peser, mais on y est presque. Et la dernière montée pour atteindre le camping grimpe fort, comme il se doit. On se serait cru dans l’Oberland bernois, incroyable. Belle soirée en perspective dans ce beau coin des Hautes Vosges (traduire du Nord).

UK 2025 – France, Alsace – Jour 62 – Hinsbourg à Strasbourg

La tente sèche, c’est pas souvent. On reçoit des alertes canicule pour la Suisse, ici ce sera bien chaud aussi. Étape cool (on se comprend) par contre pour rejoindre Strasbourg. 

Arrêt café à La Petite-Pierre (Lützelstein). Deux personnes à table, tout en alsacien. Même si on essaie de faire le lien avec le suisse-allemand, c’est quand même dur à comprendre (plus facile à lire) – Isch bin gànz uff’em Dàmm ! = on a le petit vélo = on pète la forme. 

Suite dans les splendides et magnifiques (difficile de trouver les adjectifs superlatifs) forêts domaniales puis descente et descente puis, vous savez quoi, plat-plat à nouveau. Et ce notamment le long d’un canal qu’on a déjà pratiqué à la montée vers la Baie de Somme, vers Toul et Bar-le-Duc, à savoir le Marne-au-Rhin. Beaucoup beaucoup de bateaux de plaisance, sûrement pour de jolies croisières.   Beaucoup de vélos aussi. Je l’ai annoncé à Charlotte, c’est notre dernière descente parce qu’après, c’est remontée du Rhin puis de l’Aar. Ça fait drôle. 

Traversée sympa de la ville. On va bien apprécier les terrasses. 

UK 2025 – France, Alsace vers l’Allemagne – Jour 64 (63 OFF) – Strasbourg  vers Neuenburg am Rhein

Démarrage sur canal, montée en marches d’écluses, allée de platanes à feuilles d’érables à n’en plus finir, attention aux soulèvements racinaires (nous sommes, nous les cyclistes, invités à la prudence). Moment de vague à l’âme et, hop, on cherche un endroit pour un rafraîchissement. Le détour est tonique et, comme tout ce que nous faisons à découvert aujourd’hui, intensément chaud. On décide de filer en Allemagne, histoire de rompre la monotonie. L’EV 15 nous fait faire quelques détours que nous acceptons ou pas. L’idée semble être gravier ou goudron, ombrages ou villages. Pour trouver un pub pour le wifi, euh un restaurant pour se sustenter une fois comme il faut de la journée, on galère un peu, c’est lundi. La suite s’avère fluide, chaude et assez rapide. On avale nos 118km presque sans nous en rendre compte. Hier était OFF, on avait la gnaque. 

UK 2025 – Allemagne vers Suisse- Jour 65 – Neuenburg am Rhein vers Frick (AG)

Nous innovons, ce matin, avec des chemins de traverse. On voit la récolte des pastèques (peut-être par la même équipe de roumains que nous avions rencontrée chez eux en 2014?). L’ambiance est chaude, chaque pause est bienvenue, les villages allemands sont sympas et relativement peu peuplés en ce début août (comme ailleurs au Nord). La pause de midi, plus longue que d’habitude, nous la dégustons sur une grande place centrale (Bad Säckingen). Comment, pendant les deux conflits précédents, le pont de bois faisant frontière sur le Rhin était-il géré ? 

Une réflexion sur notre tour 2025: nous avons croisé et parcouru un nombre incroyable de traces et témoignages des guerres passées, des déchirures de toutes sortes, des annexions, des destructions massives d’habitats et de civils aussi, de mesures de protection (parfois dérisoires ou totalement inutiles), mais aussi de demandes de paix et de rencontres entre les peuples, y compris les avancées européennes. Sans l’avoir cherché, la ligne suivie, y compris le sud de l’Angleterre, était toujours dans les zones de fractures et de dégâts. Je ne parle ici que du 20ème siècle, les périodes précédentes étaient elles aussi riches en péripéties, de… « je deviens hollandais avant de devenir prussien puis français en étant forcé de redevenir catholique (ou pas) et j’hérite de nombreuses bâtisses Vauban, chaque fois que Louis XIV s’en mêlait le plus souvent. »Comment les cicatrices se sont-elles gérées? 

Nous allons donc aborder cette fin de journée, alors que la tente est montée et la douche bienfaisante prise, sous le signe de la canicule et du cool cool…

UK 2025 – Suisse- Jour 66 – Frick (AG) vers Grossdietwil 

Départ sur les chemins qui nous mènent dans les collines au-dessus de Frick [la ligne de chemins de fer qui passe là est dédiée au trafic de marchandises, et ça circule à une cadence assez soutenue, y compris la nuit], agriculture de montagne et chemins pentus mais agréables. Quand le gravillon remplace le goudron, la forêt nous protège du soleil déjà bien fort (mais avec un voile, est-ce l’ozone?). Puis la descente nous permet de mieux goûter la montée sur la route de montagne du col de la Schafmatt. Belle grimpette et on a enfin pu comprendre « dans les jambes » ce qu’est un col avec, au sommet, une selle de cheval (c’est plus ou moins plat quoi). Une puissante descente, quelques coups de pédales dans le chaud le long de l’Aar et, hop, déjà Olten. 

La suite le long de l’Aar nous est connue, à Aarburg (très jolie bourgade) on va dans le Sud. Aujourd’hui nous aurons passé en AG puis en BL puis en SO et là en LU, ça reste en Suisse, mais c’est quand même bien différent. Et la Suisse nous impressionne tant elle est Suisse et ça se remarque. 

Aujourd’hui, très belle journée, malgré la chaleur. Denivelé OK pour une redécouverte de nos collines et chemins cyclos. 

Dernière nuit de camping pour ce tour UK2025, ça fait drôle. 

UK 2025 – Suisse- Jour 67 et FIN – Grossdietwil (LU) à Bern (BE)

Très vite après notre départ, déjà le canton de Bern. Petits dénivelés, champs fauchés ripolinés, fermes bernoises imposantes typiques. Hier on a vu une petite maison avec un toit de chaume, qu’est-ce que ça devait être à l’époque le chaume sur ces immenses toits. 

Le long de la forêt, quelques chênes. Ah pas vraiment les mêmes gabarits qu’en UK, faudra repasser dans 200 ans (ou plus). 

Nous voulons profiter de notre dernière journée (pour ce tour), le rythme ralentit, on fait plus d’arrêts. On philosophe sur notre bécane en profitant de la belle route cyclable. 

Mine de rien, on sent un peu la fatigue. Est-ce parce que les dernières nuits étaient moins top, comme une accumulation de sommeils flashs, ou est-ce la canicule peut-être ou seulement le fait qu’on arrive en fin de boucle? On commence aussi à nous projeter dans les 1001 choses de la suite, comparées aux questions existentielles de maintenant:

  • On se lève maintenant? Il est 6:30 ou 6:45
  • Je mets quel short aujourd’hui? Quel t-shirt? Mon linge est-il sec?
  • On fait un petit déjeuner ici avec ce qu’on a ? Ou on vise la première boulangerie ouverte ?
  • On fait quel trajet finalement? On coupe par la route à 80 ou on fait le détour route vélo (avec le dénivelé costaud en plus)?
  • On fait un arrêt si on trouve un banc ? 
  • Quand est-ce qu’on mange? Picnic ou bistrot ? 
  • On remplit les gourdes avec de la fraîche? 
  • Ça va la vitesse que j’ai mise?
  • Tu veux que je freine plus sur cette descente à pic ? (** Alors ça, c’est bien une question que je n’ai jamais entendue de mémoire de stoker !!)
  • On a contrôlé nos pneus ? Et nos plaquettes de freins?
  • C’est quoi ce bruit (ah oui, ça couine)?
  • J’ai les mains collantes et pleines de micro-plastic noir, faut que je me lave les mains, elles sont où les toilettes?
  • On paie en cash ou par carte?
  • Il fait chaud, tu veux mettre ta polaire? (** ça oui, la stoker l’a entendu jusqu’à plus soif !)
  • On demande à ces gens? peut-être ils ont une réponse à notre questionnement (pourquoi ces bunkers, pourquoi ces pilotis dans le canal, etc.)
  • On revoit notre route, Komoot se plante (ou est-ce moi?)?
  • Tu veux du stick à nez (protection solaire)?
  • Je dois penser à me couper les ongles ce soir.
  • Camping ce soir, la douche c’est vital. Tu crois qu’ils ont du papier toilettes (du PQ)?
  • Sauvage ce soir? Ouais mais les tiques
  • Y’a un shop au camping? Ah on fait avec ce qu’on a. Ou le Aldi,  là?
  • Benzine pour le réchaud ? Juste pour un thé, et encore.
  • La douche, il y a des crochets pour suspendre nos affaires?
  • Tu veux t’arrêter pour une géocache ? ah non, c’est pas sur le trajet, une autre fois
  • Bon on va arriver avant 17h au camping tu crois ?
  • On gonfle les embases avant le souper ou après ?
  • Tu mets une gourde à dispo pour la nuit?
  • Faut ouvrir la tente de côté? Bon, OK, mais tu fermes s’il pleut hein!
  • Ma montre est chargée? Alors je peux l’éteindre. 
  • Mon iPhone est chargé? Et j’ai posé les détails de notre tour du jour sur Komoot et sur tandem.850.ch? Alors je peux l’éteindre. 
  • Ah mais faut encore que je consulte/commrnte/réponde sur les blogs des copains cyclos, ou que je réagisse à leurs commentaires. 
  • Je lis un peu sur ma Kobo? Oui mais quoi, là c’est un peu déprimant ce que je lis.
  • Je suis crevé, tu lis encore Charlotte ? Zzzzzzzzzz

Une pensée chaleureuse (facile par temps de canicule) pour nos copains/copines cyclos. Ceux qu’on connaît depuis des lustres (ou un peu moins), ceux qu’on a eu la chance et l’honneur de connaître pendant notre tour. Vous vous reconnaîtrez et nous vous recontacterons une fois vraiment redescendus sur terre. 

L’arrivée dans les environs de Bern nous rend tout chose et voir l’Aar m’a franchement, comment dire, fait quelque chose. 

Merci Nora pour l’accueil et le job de maintenance ici à Bern. 

C’est la fin de UK2025 

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